Sara Do en TerraGalice, Île Ô Poésie

Le temps passait

 

Le temps passait 

 

 

 

 Le temps passait et je me demandais pourquoi il ne se passait rien. Un jour, j'ai compris. J'avais trop travaillé sur moi, trop fait le tour et le détour de l'autre. Il n'avait plus rien à m'apprendre, plus rien à retenir. Tous ces chemins traversés, accompagnés parfois. Seule bien souvent pour arriver à cet être extrême de moi-même. Cette volonté unique d'être libre, indépendante, sans ce besoin permanent d'une présence à tout prix, comme une faim insatiable. 

 

Depuis, il semblerait que la vie s'étire tranquillement avec pour seule contrainte, celle de subsister au minimum vital.

 

Le temps passait. L'air de rien, je respirai au rythme du  silence. A travers la fenêtre, je voyais briller quelques étoiles. L'hiver avançait à pied nu dans la froidure. Il attendait un feu de bois à fendre un coeur en deux. Seulement, voilà ! Il était bien le seul à attendre. L'hiver n'avait pas encore compris. Il n'avait pas encore appris. Il cherchait toujours midi à quatorze heure, le fil conducteur du comment du pourquoi, alors qu'il n'y avait rien d'électrique dans tout cela.

 

L'hivers. Il glaça tout ce qui passait pas là, le bout des doigts gélés, l'herbe au bord de la route, la neige sur les toits. La rosée du matin n'avait plus rien d'humide, elle avait disparu dès les premières gelées. Il se mit à peler du nez, la goutte suspendue prête à s'éclater sur le sol avant qu'un mouchoir bienveillant puisse dérouter sa trajectoire. Pauvre trottoir !

 

Les étoiles. Une à une, elles s'éteignirent. L'endormissement passa par-là.

Dehors, le silence.

Dort.

 

 

Extrait "Le temps passait" en l'instant...

 

Sara Do

 



30/11/2017
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