Sara Do en TerraGalice, Île Ô Poésie

La Locomotive

 

La Locomotive

 

 Didier Péron vieille voie.jpg



 phot'à Didier Péron

 

 

La Locomotive 
grince sur la voie
Imaginative
Elle aperçoit
L'inoffensive
Enfant sans voix

 

 

La locomotive qui ralentissait et la vapeur fumante du charbon de bois qui s'échappait de sa cheminée. La voie de chemin de fer qui traversait la route. Plus tard, quand je serai grande, j'apprendrai que cela s'appelle, un passage à niveau.


Elle était belle, un peu crasseuse. Elle s'arrêtait sur le bord d'un quai improbable en pleine campagne, à mi-chemin entre un terre-plein et un tas de gravillons. C'est alors, que je le voyais descendre du wagon de tête, une casquette vissée à moitié de travers sur l'oreille droite. Le front noir de suie, un chiffon à la main, il essayait vainement de nettoyer la marque de son dur labeur. 


Tous les soirs, je l'attendais avec sa femme sur le bas côté de la route. Elle me tenait par l'épaule pour que je ne tombe pas dans le fossé. Il s'avancait vers nous en souriant. J'étais sûre que plus tard, il m'emmènerait sur la locomotive pour faire le tour de la terre. J'étais sûre que la locomotive pouvait s'envoler dans le ciel et même se poser sur la lune. La nuit, elle m'emportait vers les étoiles. Mais chut ! Au petit matin, sans bruit, je retournais dans mon lit.


Je ne savais pas encore que ce n'était qu'un train de marchandise. Et alors ! Qu'est-ce que ça peut bien faire ? Quand on rêve enfant, on rêve GRAND. Quand on devient grand, on rêve géant. Dans mon coeur d'enfant, c'est toujours le printemps.


Mais où était-ce ? Qui étaient-ils ?

Ce n'était pas mon père, ce n'était pas ma mère. Un jour de pluie, j'étais partie. Qui est venu me chercher ? 

 

Dans les dossiers, aucune trace, en ce temps là, pas d'archivage. Je n'existe pas, ils n'existent pas. Seule, la locomotive... Silencieuse.

 

 

Sara Do

 

 

 

 

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Blackouts / Trous de mémoire, me dit-elle ?
"Sara, tu viens ? Ouvre la porte, je suis sûre que ta plume a des choses à nous dire..." 
Elle fait bien de demander, la d'âme Fée Beryl.

En fermant les yeux, du plus loin qu'il m'en souvienne, j'ai trois ans à peine, peut-être plus ? Silencieuse... La locomotive m'est apparue.

 

Projet Blackouts / Trous de mémoire :  ICI 

 

Didier Péron photography :  ICI

 

 

 



03/06/2016
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