Sara Do en TerraGalice, Île Ô Poésie

L'Arrêt en gare - 1

 

I - L'arrêt en gare

(extrait)



(mardi 16 février 2010)

L'amie viens me chercher.
Paris, d'un séjour inoubliable de par les circonstances qui nous amènent à nous revoir. Le décès d'un ami. L'âme perdue retrouvée le temps d'un au revoir vers un paradis blanc. Quelques mots d'amitiés déposés à fleur d'étoiles et le temps d'une ballade tout se dit. Rien n'est définitif, n'est-il pas ?

L'amie vient me déposer. (samedi 20 févtier 2010)

Merci toi.
Paris, il est tard, pas vraiment. C'est juste l'heure où tout fout le camp dans le couloir des âmes perdues. Un hall de gare grand comme un écran géant, immenses vitres glacées et barres de fer entrelacées. Une salle d'attente qui attend l'heure du départ. L'heure du départ qui sonne un peu trop tôt quand un JE voudrait rester là en instance sans voie.

Un bagage assez lourd à la main, un accordé'âme en bandoulière, un sac rempli de littérature et le livre de mon ami Rémi : Destination Lovecraft, tout juste sorti de la veille, ce 19 février 2010.

Il faudrait ne pas penser, mais la pensée pense d'elle-même, c'est ennuyeux. Il faudrait fermer à clef la porte de son cœur et même cadenasser la serrure. Mais voilà, un cœur qui bat, sent battre son cœur. Il faudrait s'enfermer en soi-même comme un seigneur en son château ou encore s'endormir comme une princesse de conte de fée sans déborder en marge de la page. Les marges sont faites pour cerner les mots d'auteur. Moi je ne cerne rien à mon compteur et la pendule s'ennuie en secondes et pleure ses minutes à vivre. Dans une heure il sera…

C'est l'heure, l'heure où je monte dans le train, l'heure des heures qui défilent en gares d'arrêts multiples. Pas de direct pour l'heure. Je me contente d'une place assise côté couloir, je déteste. Je préfère la bordure d'une fenêtre qui m'incite à la rêverie et me porte à mots dire… Un premier contrôle et un deuxième vers la fin. J'atteins ma destinée, Le Mans qui ment si bien et sa correspondance vers Sablé qui m'attends au coin du quai numéro cinq. Ai-je bien tout en mains ? Oui. Il ne manque rien ? Oui. Alors tout va bien, je peux continuer ma route. Mais pourquoi mon cœur est lourd comme une chape de plomb.

Mon âme serait-elle restée là-bas derrière mes lunettes noires perdues au cimetière, juste après avoir joué cette ballade de notes étoilées, de tout mon accordéâme ? …

Quel est ce sentiment d'abandon qui soudain m'oppresse le cœur ? Quelle est cette crise de manque qui me coupe le souffle ? « Respire, s'il te plaît respire » mais je ne peux pas, je me sens tétanisée, prise d'un vertige à vomir tant l'onde de choc qui m'atteint est intense. Je n'ai plus mon accordéâme.

Trahis, je me sens trahis hors de moi.

VIDE. Je suis vide. Je ne suis plus rien. Je n'ose plus respirer de peur que l'air inspirer m'éloigne encore plus de lui, mon meilleur ami. Comment cela est-il possible ? Jamais, jamais, au grand jamais il ne m'a quitté comme ça. Jamais il ne m'a abandonné de cette façon là.

Maudite, je me sens maudite.
Lui de moi, moi de lui… Comment cela va-t-il finir ?

Sara Do



08/12/2010
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